Par le Dr Hélène Cordas, vétérinaire titulaire du CES de dermatologie · Clinique vétérinaire ABC'Vet, Nîmes
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C'est une maladie de peau d'origine allergique, liée à une prédisposition héréditaire. La barrière de la peau est plus fragile que la normale et laisse passer des allergènes de l'environnement : acariens de la poussière, pollens, moisissures. Le système immunitaire y réagit de façon excessive, ce qui déclenche l'inflammation et les démangeaisons.
Elle toucherait de 3 à 15 % des chiens selon les estimations, et certaines races y sont plus exposées (Drechsler et al., 2024). Le chat peut aussi être concerné, sous une forme un peu différente.
Le signe principal est la démangeaison. Le chien se lèche les pattes, au point que les poils prennent une teinte brun-roux, se frotte la face, se gratte les aisselles, le ventre ou le pli des coudes. Les oreilles sont souvent touchées, avec des otites qui reviennent. La peau rougit, et avec le temps elle peut s'épaissir et foncer.
Les premiers symptômes apparaissent en général entre 4 mois et 3 ans. Au début, ils suivent souvent les saisons : au printemps et en été quand les pollens sont en cause. Avec les acariens, les démangeaisons durent plutôt toute l'année et s'accentuent quand on chauffe la maison. Le grattage favorise ensuite les infections par des bactéries ou des levures, qui aggravent encore les démangeaisons.
Aucun test ne permet de diagnostiquer seul une dermatite atopique. Le vétérinaire écarte d'abord les autres causes de démangeaisons : les puces, grâce à un traitement antiparasitaire rigoureux, la gale, par un raclage de la peau, et les infections, par une cytologie. Il faut aussi écarter une allergie alimentaire, par un régime d'éviction d'au moins huit semaines, la durée nécessaire pour l'identifier chez plus de 90 % des animaux concernés (Olivry et al., 2015).
Les tests allergiques, sanguins ou cutanés, interviennent après. Ils ne disent pas si le chien est atopique : ils servent à identifier les allergènes en cause quand on envisage une désensibilisation.
« La dermatite atopique demande de la patience, au chien comme à son propriétaire. Mon rôle, c'est de trouver avec eux le traitement le mieux adapté à leur animal et le plus facile à suivre au quotidien, puis de l'ajuster au fil des saisons. »
Dr Hélène Cordas, vétérinaire titulaire du CES de dermatologie
Il n'existe pas de traitement unique. Le confort du chien repose sur plusieurs actions qui se complètent :
La désensibilisation est une autre option. Elle consiste à administrer régulièrement de petites quantités des allergènes identifiés pour habituer l'organisme. Ses effets s'évaluent sur plusieurs mois.
Les poussées restent possibles. Un suivi régulier permet d'anticiper les saisons difficiles et de réagir vite quand les démangeaisons reprennent.
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À la clinique vétérinaire ABC'Vet, route de Sauve à Nîmes, le Dr Hélène Cordas, titulaire du CES de dermatologie, suit les chiens atopiques dans la durée, avec des points réguliers pour adapter le traitement aux saisons. Quand des tests allergiques ou une désensibilisation sont envisagés, elle vous explique la démarche et peut lancer les tests sanguins si besoin.
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Non, c'est une maladie chronique. Elle se contrôle en revanche très bien dans la plupart des cas, avec un traitement ajusté et un suivi régulier. L'objectif est de limiter les démangeaisons et les poussées pour que le chien vive confortablement.
Oui. Les chiens allergiques aux pollens souffrent surtout au printemps et en été. Ceux qui réagissent aux acariens de la maison ont souvent plus de démangeaisons en automne et en hiver, quand on chauffe. Noter les périodes de poussée aide le vétérinaire à adapter le traitement.
Non. Le diagnostic repose sur l'examen et sur l'élimination des autres causes. Les tests allergiques servent ensuite à repérer les allergènes en cause, notamment pour préparer une désensibilisation.
Oui, même si on en parle moins. Chez le chat, elle se manifeste souvent par un léchage excessif, des zones sans poils, de petites croûtes ou des plaques rouges. La démarche est la même : écarter les puces, les infections et l'allergie alimentaire avant de conclure.
Cet article ne remplace pas une consultation.
Image d'illustration générée par IA.